Pilote de bateau

L'importance et le rôle du pilote d'un bateau de plongée est trop souvent oublié. Il est d'autant plus important quand il y a du courant que toutes les phases du bon déroulement d'une plongée repose sur les compétences du pilote du bateau surtout quand la plongée est profonde. Toute planification ou toute préparation de plongée serait inutile si on n'avait pas la certitude de plonger au bon endroit et d'être récupérer malgré des conditions difficiles. Cela nous le devons au pilote du bateau.

1. Repérage du site de plongée

C'est la première étape de la plongée, être au bon endroit, dans de bonnes conditions. Les outils à la disposition du pilote sont nombreux, de la carte marine au GPS en passant par les enseignures et le sondeur, tous concourrent à faciliter le repérage du site mais rien ne saurait remplacer l'expérience et la rigueur du pilote. C'est lui qui estimera le meilleur moment pour jeter l'ancre, pour larguer la balise ou pour lâcher les palanquées afin que chacun soit au plus près du lieu de plonger. C'est encore lui qui assurera la surveillance puis la récupérations des plongeurs en toutes circonstances.

2. La mise à l'eau et la surveillance

Le pilote à tout à faire et doit malgré tout rester disponible pour parler aux plongeurs qui se préparent. Il largue les palanquées et une fois les plongeurs mis à l'eau, la manœuvre d'un bateau n'est jamais facile quand la mer s'en mêle ou si les plongeurs s'obstinent à rester en surface quelques minutes. Quand ils sont descendus , le rôle du pilote n'est pas encore terminé.
Une grande partie de la sécurité de la plongée dépend de lui. Il surveille les conditions météo et leur évolution, la présence de courant et les déplacements des bulles en surface. Cela lui permet d'estimer la dérive et le lieu de sortie éventuel pour mieux se positionner en fonction du soleil et de la houle. Selon les sondeurs, il peut contrôler la présence de bulles au dessus du site pour confirmer la présence des plongeurs là où ils le souhaitaient.
Pour l'avoir vécu des dizaines et des dizaines de fois, il n'y a pas plus angoissé, notamment lors d'une plongée profonde mais aussi lors de toute plongée en compagnie du courant, que celui qui reste en surface à attendre que tout le monde remonte sans jamais savoir réellement ce qui se passe sous l'eau. A La réunion, le pilote est souvent le directeur de plongée et il attend en essayant de vérifier le respect de tous les timing. La sortie des parachutes de palier, la progression des bulles le long de la balise ou du mouillage sont autant d'éléments qui vont le rassurer. Quand il y a du courant, cette attente est beaucoup plus éprouvante car le retour des plongeurs à leur point de départ est plus qu'aléatoire. La situation de plongée dérivante est encore plus incertaine quant aux prévisions de sorties des palanquées. Il est déjà arrivé de récupérer des palanquées à plus de 1km de leur point d'immersion en moins d'un quart d'heure de plongée.
Un œil furtif sur le sondeur et les amers, l'autre sur les alentours suivant les bateaux qui s'entêtent à ne pas vouloir voir le pavillon alpha et les jetskys qui rivalisent d'audace, le pilote a toute son attention focalisée sur la recherche et la protection des palanquées. On ne saurait trop rappeler les dangers qui existent en surface pour des plongeurs isolés, même visibles. En effet la fréquentation de plus en plus importante du milieu marin par des usagers tout à leurs activités transforme la surface de l'océan en une vaste aire de jeux au milieu de laquelle des plongeurs peuvent sugir sans y être attendus. C'est dans cet environnement agressif et hostile à l'encontre des plongeurs que le pilote devra assurer la récupération de toutes ses palanquées.

3. La remontée

La plongée touche à sa fin et les plongeurs commencent leur décompression. C'est le moment pour le pilote de favoriser à son niveau le bon déroulement de cette phase critique. Il peut s'agir de se positionner à proximité de la balise afin d'envoyer une ardoise ou un plongeur de sécurité. Le pilote peut également mettre en place un pendeur plus important, de l'air de secours voire un narguilé oxygène fixés au bateau ou accrochés sous une grosse bouée? Pendant toute la décompression, il devra assurer la protection des palanquées.
Là encore les minutes sont longues pour le pilote, surtout si les plongeurs sont positionnés sous le bateau, le rendant moins manœuvrable. C'est en général avec un soulagement discret que le pilote voit les plongeurs réapparaitre en surface et que tout semble s'être bien passé.
Le rôle du pilote n'est pas terminé. Il lui faut encore récupérer les plongeurs, leur assurer une certaine stabilité à la mer au moment de la remontée à l'échelle et du déséquipement sur le bateau. Il doit aussi récupérer le balisage et les pendeurs, ce qu'il fait souvent tout seul, les plongeurs se racontant leur plongée ou prétextant une absence d'efforts après la plongée.
Le pire, ce sont les commentaires émerveillés des plongeurs après une plongée magnifique. La frustration du pilote, la plupart du temps moniteur de plongée, est grande. Il aurait sûrement préféré plonger avec eux. Pourtant il écoute les récits et petit à petit, son visage se détend, car il sait que sans lui, cette plongée n'aurait peut-être pas pu se faire.

Merci aux pilotes