1 - Tableau récapitulatif des attaques référencées à La Réunion de 1913 à 2004

Date de l'attaque
Lieu
Heure
Activité du blessé
Gravité de l'attaque
Requin mis en cause
Indéterminée
Petite-Île, Grand'Anse
Indéterminée
plaisancier en zodiac
non mortelle

inconnu

Année 1913
Barachois, Saint Denis
Indéterminée
nageur
mortelle

inconnu

entre 1918 et 1939
Barachois, Saint Denis
Indéterminée
nageur
mortelle

inconnu

01/12/1972
Basse Vallée, Saint Philippe
Indéterminée
chasseur sous-marin
mortelle

inconnu

24/11/1980
Grand'Anse
15:00
chasseur sous-marin
non mortelle

Requin Pointes Blanches de 1.8m

30/11/1981
Vicendo, Saint Philippe
Entre chien et loup
chasseur sous-marin
non mortelle

inconnu

14/03/1988
Pic du Diable, Saint Pierre
18:30, entre chien et loup
surfeur
non mortelle

inconnu

28/04/1988
Embouchure de l'étang du Gol, Saint Louis
17:30
pêcheur de bichiques
mortelle

inconnu

19/07/1989
Temple tamoule, Sainte Suzanne
17:00, entre chien et loup
surfeur
mortelle

inconnu

05/03/1990
Baie de la Mare, Sainte Marie
17:45
surfeur
non mortelle

Requin Bouledogue de 3m

01/07/1991
Ravine des Sables, Etang Salé-les-Bains
17:30
surfeur
non mortelle

Requin Tigre de plus de 3m

29/01/1992
Ravine-3-Bassins, La Saline-les-Bains
16:30
chasseur sous-marin
non mortelle

Requin dagsit de 1.8m

22/05/1992
Lieu-dit Cayenne, Saint Joseph
14:00
coureur à pied
mortelle

Requin Bouledogue ou Requin Tigre de 3-4m

Juin 1992
Saint Paul
Indéterminée
plongeur
non mortelle

Requin Mako

28/06/1992
Cap de la Marianne, Saint Paul
14:30
surfeur
mortelle

Requin Bouledogue ou Requin Limon Faucille

Avril 1994
Lieu-dit Cayenne, Saint Joseph
Indéterminée
inconnue
mortelle

Requin Bouledogue de 3m pour 200kg

09/07/1994
Barachois, Saint Denis
13:45
véliplanchiste
mortelle

Requin Bouledogue de 3 à 3.5m

10/01/1996
Embouchure de l'étang de Saint Paul
16:00
surfeur
mortelle

Requin Tigre de 300kg

Janvier 1997
inconnu
Indéterminée
nageur
mortelle

inconnu

Janvier 1997
Etang salé
Indéterminée
chasseur sous-marin
mortelle

Requin Bouledogue

Année 1998
Beaufonds
Indéterminée
plongeur
mortelle

inconnu

25/01/1998
Petite-Île, Grand'Anse
milieu d'après-midi
nageur
mortelle

inconnu

01/10/1998
Saint Benoît
Indéterminée
plongeur
non mortelle

inconnu

03/01/1999
Pointe au Sel, Saint Leu
Indéterminée
chasseur sous-marin
mortelle

Requin Bouledogue

11/04/1999
Roche-aux-Oiseaux, Etang Salé-les-Bains
10:30
nageur
mortelle

3 Requins Bouledogues

08/09/2000
Pic du Diable, Saint Pierre
18:05, entre chien et loup
surfeur
non mortelle

Requin Bouledogue ou Requin Tigre de 2-3m

27/03/2004
La gare
Saint Benoît
17:45, entre chien et loup
surfeur
non mortelle
Sources: mika.dit.kl qui a fait tout un travail de collecte d'informations sur le sujet

2 - Tableau statistiques sur les accidents mettant en cause des requins à La Réunion

Catégorie
Nb attaques
% d'attaques / nb total
Gravité de l'attaque

27 au total dont 16 mortelles

59.25 % mortelles
Activité du Blessé

9 Surfeurs dont 3 mortelles

33.3 % dont 42.9 % mortelles

6 Chasseurs dont 3 mortelles

22.2 % dont 50 % mortelles

5 Nageurs dont 5 mortelles

18.5 % dont 100 % mortelles

2 Plongeurs dont 0 mortelle

7.4 % dont 33.3 % mortelles

5 Autres dont 4 mortelles

18.5 % dont 80 % mortelles
Heure de l'attaque

Matin 1 dont 1 mortelle

3.7 % dont 100 % mortelles

Après-midi 13 dont 7 mortelles

48.1 % dont 53.8 % mortelles

de 12:00 à 14:00 1 dont 1 mortelle

3.7 % dont 100 % mortelles

de 14:00 à 16:00 5 dont 4 mortelles

18.5 % dont 80 % mortelles

de 16:00 jusqu'au Coucher du Soleil
8 dont 2 mortelles

29.6 % dont 25 % mortelles
Lieu des attaques

Nord de l'île 4 dont 3 mortelles

14.8 % dont 75 % mortelles

Est de l'île 4 dont 1 mortelle

14.8 % dont 25% mortelles

Sud de l'île 9 dont 4 mortelles

33.3 % dont 44.4 % mortelles

Ouest de l'île avec récifs
9 dont 6 mortelles

33.3 % dont 66.7 % mortelles
Sources: mika.dit.kl qui a fait tout un travail de collecte d'informations sur le sujet
3 - Commentaires

A la Réunion, les attaques de requin sur l'homme ne sont véritablement recensées que depuis 1980. Avec le rapide développement de nombreuses activités de loisirs liées à la mer, la fréquence des accidents s'est logiquement accélérée, soit 27 attaques en vingt-quatre ans, dont 16 mortelles.

UN PREMIER RÉCIT QUI DATE DE 1913
Avant 1980, la population n'est informée du risque requin qu'au coup par coup, au rythme des faits divers relatés par la presse. En 1913 déjà, l'écrivain Henri Cornu nous contait l'histoire d'un homme dévoré par un squale alors qui se baignait sur le Barachois, jadis plus accueillant... Les "anciens" parlent également d'une attaque dont un homme politique aurait été victime entre les deux guerres, sans vraiment plus de précision. Beaucoup pus récemment, en 1974 et 1979, d'autres cas sont relatés avec plus de précisions. A partir de 1980, la Réunion du tourisme et des loisirs nautiques prend son envol. Des hôtels poussent un peu partout sur la côte. Sur les vagues, le nombre des planches de surf et de fun board se multiplient rapidement. La plongée, la chasse sous-marine et tous les sports nautiques drainent à l'eau une importante population de touristes, de métropolitains et d'autochtones qui vivent de moins en moins "le dos tourné à la mer". Inévitablement et presque mathématiquement, la fréquence des attaques s'intensifie. Le 24 novembre 1980, un jeune chasseur sous-marin de 22 ans se fait mordre à deux reprises par un requin pointe-blanche du côté de Grand-Anse. Cet accident marque le début d'une longue série à laquelle les "harponneurs de la mer" paieront, au passage, un lourd tribut (cinq attaques). Il apparaît clairement que les poissons harponnés et imprudemment attachés à la ceinture des chasseurs favorisent un comportement agressif chez le squale. Contrairement à la pêche sous-marine, la plongée en bouteille, activée phare du "tourisme bleu" à la Réunion, ne semble pas susciter l'intérêt des requins. A ce jour, les études ne recensent pas d'attaque sur le secteur de la "plongée loisir". Par contre, des témoignages font état de deux attaques "éclair" et sans gravité (palme sectionnée) sur des plongeurs professionnels travaillant par au moins cinquante mètres de fond (l'une à Saint-Paul, l'autre à Saint-Benoît).

LE SURF EN PREMIÈRE LIGNE
Autre grandes victimes des requins, le surfeurs - y compris wind-surfeurs et bodyboardeurs- dont l'apparition massive sur les spots date du milieu des années 80. Ainsi, 11 des 27 attaques les concernent, le plus souvent des accidents mortels ou très graves. Il apparaît, presque dans tous les cas, que le requin confonde ses victimes avec ses proies naturelles que sont les phoques ou les tortues, à cause de la forme des planches notamment (vue de dessous, l'illusion est parfaite). Ce sont, le plus souvent, des attaques dites "alimentaires" et donc sans grand salut pour les malheureuses victimes... Détail important, la plupart des attaques se déroulent sur des surfeurs ayant à la base commis une (ou plusieurs) imprudence, comme celle de surfer seul (le requin sera plus tenté d'attaquer une proie isolée). Surfer dans des eaux troubles ou saumâtres, à l'embouchure d'une ravine ou après de très fortes pluies multiplie les risques d'attaques. Evitez, également, de surfer en dehors des spots "officiels", puisqu'aucun accident n'est survenu à ce jour sur les sites de surf de Boucan, de Saint-Leu, de Saint-Gilles, des Aigrettes, de Trois-Bassins ou de l'Hermitage, même si des requins sont parfois aperçus sur ces deux derniers spots. Les accidents arrivent généralement sur des spots "sales". Dans des eaux troubles et sablonneuses, le requin sait qu'il est plus fort (sens hyper développés) que ses proies et qu'il multiplie ses chances de succès en cas d'attaque.

NAGEURS IMPRUDENTS
Dernière catégorie de victimes, les nageurs. Dans la plupart des cas, les baigneurs concernés par des attaques ont également fait preuve d'imprudence en nageant à la sortie de ravines ou dans des endroits où la baignade n'est pas surveillée, entre Saint-Leu et Saint-Pierre par exemple, même si la côte offre des petites criques et bassins naturels accueillants. Sur les plages de sable blanc de la côte Ouest (les seules véritablement touristiques), aucune attaque n'a été à ce jour recensée. Cependant, le risque zéro n'existe nulle part, excepté dans le lagon de l'Hermitage peut-être, en tout cas loin de la passe. Compte tenu du manque d'information officielle et précise sur le risque requin à la Réunion, notamment dans les zones réputées dangereuses (panneaux de mise en garde, interdiction...), la prudence reste de mise. Il convient ainsi d'éviter les bains à l'aube ou tard le soir, ainsi que les eaux troubles et les zones non surveillées.
A raison d'une attaque - voire deux - par an ces dernières années et si l'on tient compte de la taille de l'île, la Réunion fait proportionnellement partie des zones du monde ou les attaques de requin sont les plus fréquentes.

DERNIÈRE ATTAQUE EN DATE
Le 27 mars 2004, il est aux environs de 17h45 et l'eau est trouble. Un surfeur est mordu à la cuisse alors qu'il attendait la vague. Ses camarades le ramèneront au bord où il recevra les premiers soins prodigués par les pompiers présents sur le site pour assurer la sécurité d'une compétition de surf.

LA PREVENTION
Présents dans toutes les mers du monde depuis plus 400 millions d'années, les requins nageaient autour de l'île bien avant que l'homme y pose les pieds. Parfaitement adapté à son milieu, dernier maillon d'une chaîne alimentaire sans faille, le requin n'est pas "l'affreux mangeur d'homme" qu'on veut bien nous présenter. Concrètement, il n'attaque l'homme que par défaut ou par méprise, parce qu'il le confond tout simplement avec une de ses proies naturelles, un mammifère marin ou un reptile. Lorsque l'homme nage, plonge, navigue ou surfe, il n'évolue pas dans son milieu naturel, contrairement au requin. Il doit donc accepter le fait de s'exposer à un certain nombre de dangers, comme la noyade, la piqûre ou l'attaque d'un poisson. Il serait fou de vouloir éliminer tous les requins du monde (c'est plutôt bien parti puisqu'on en pêche plus de 100 millions par an), déséquilibrer tout un éco-système pour notre bien-être. Plus que de miser sur une pêche intensive, l'installation de lignes ou de filets autour des plages, la prévention et l'information sur le terrain doivent être prioritaires et généralisées à la Réunion, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui

Source clic@noO